Petit et le vélo du Diable 7

Publié le par JPL du Var

PETIT ET LE VELO DU DIABLE 7

"Bonjour"

Petit regarda le bonjour du monsieur devant lui.

Il voyait très bien le bonjour de tout près...

En fait, les jumelles étaient restées collées à ses yeux.

Ce qui amenait un sourire amusant en face de lui.

"Tu ne me vois pas bien? Tu sais, tu peux....."

Le monsieur découvrit alors les vrais yeux de Petit.

Il avait peur d'avoir trop peur sans ses jumelles.

Mais le monsieur savait retirer les peurs. Il avait appris.

"Toi, tu es Petit. Les gens t'appellent Petit. Tous."

Des mots qu'il connaissait ! Pourquoi lui dire ça ?

Lui, il n'avait pas encore de mots. Sauf des mots cachés.

Le monsieur en gris, il semblait être gentil...

Les bras, les jambes, tout de Petit devenait moins rigide.

"Ne t'inquiète pas. Je te connais très bien.

Mais toi, tu ne me connais pas. Pas du tout.

Tu sais, tu peux m'appeler Maître.."

Une pensée soudaine sortit, toute seule ,

Sans que Petit ne puisse la retenir.

"Monsieur, vous êtes un monsieur l'instituteur ?"

Le visage et les yeux du maître le regardèrent en souriant.

"Ah non, Petit. Les gens disent que je suis Maître

Parce que je suis un notaire de la ville.

Tu sais c'est quoi, un notaire de la ville ?"

Notaire de la ville ? Non, ça il ne savait pas.

Il connaissait les monsieurs importants.

C'était le chef, le docteur, l'instituteur,

Le facteur, le monsieur de l'autobus,

Le monsieur tout blanc des médicaments.

Aussi le chanteur qui faisait de la musique.

Son papa était un monsieur important.

Il faisait de la musique avec des cordes.

Il aimait bien ce que faisait son papa avec des cordes.

Mais un maître qui devait noter les terres.

C'était un vrai maître. Donc, un monsieur important aussi...

Il avait un cartable noir et moyen,

Avec une poignée, qu'il serrait dans sa main.

"Je peux m'asseoir, s'il te plait ?"

S'il te plait !

La tète de Petit fit un oui, presque sans bouger,

Et sans se tourner vers l'autre chaise autour de la table.

La sienne n'avait pas bougé. Il était resté assis dessus.

Elle commença à se tourner un peu vers le monsieur.

Le maître s'était installé de l'autre côté, celui d'en face.

Un léger souffle d'air frotta ses belles lunettes.

Il frotta aussi le cartable déposé sur la table.

Le monsieur en costume gris, qui était maître

Regardait autour de tout, dans la cabanette.

Et même en haut. Et même en bas...

Il y avait beaucoup de plis sur son front.

Petit pensa qu'il y avait beaucoup de pensées dedans.

Un maître devait avoir beaucoup dans sa tête...

Lui, il disait qu'il n'avait la place que pour une pensée.

Une autre pensée, en plus, lui faisait mal.

Mais il n'avait jamais besoin que d'une seule pensée..

On disait que plusieurs pensées pouvaient se mettre

Avec des mots et des idées à l'intérieur.

Mais dans son intérieur, ça faisait trop mal à la tête.

"Les pensées flottent avec des tas d'idées et d'images.

Tout le temps. Et c'est amusant !

Et les idées des pensées font faire beaucoup de choses,

En un seul moment. C'est gai !"

Amie, très coquine, lui disait souvent ça.

Elle n'avait jamais mal avec ses pensées.

Tout d'un coup, une seule pensée prit toute la place.

Amie ! Elle était où ? Elle n'avait pas eu de mal ?

Mais c'était une question pour lui tout seul.

Car il n'avait pas encore les mots et le courage,

Et quelqu'un pour oser oser les mots qu'il voulait.

Il avait de la peine, et il était triste à cause de ça.

Le monsieur avec ses lunettes, qui était en face,

Avec son cartable couché devant lui,

Le regardait maintenant, de plus en plus fort.

Ses yeux se préparaient, comme pour sortir !

Le silence avait déjà pris ses habitudes tout autour.

Il se redressa soudain, tout droit, sur sa chaise d'en face..

"Tout est un peu compliqué. Mais je t'expliquerai tout.

Et je t'expliquerai qui je suis.

Tu sais, Petit, maintenant je connais beaucoup de choses.

Des choses importantes. Mais qui sont très bien pour toi.

Ecoute, voilà, pour le château...."

Le château venait de prendre la place d'Amie ..

Petit ne put, encore, retenir les mots de cette nouvelle pensée.

"Monsieur le maître, le château du Diable, il est à vous ?"

"Mais non, Petit ! Il est à toi...."

A suivre...

PS : avec, en prime, une petite digression sur les pensées.

Quand il y en a trop, ça fait mal à la tête !

Publié dans conte

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Commenter cet article

Esclarmonde 27/08/2015 14:49

Je sens que bientôt nous serons de nouveau dans un château avec ce conte... Une passion que je comprend très bien ! Bises et belle journée

Laret 28/08/2015 07:50

En effet....Avec un châtelain qui n'est pas le Diable !!! Tu sais que les vieux châteaux médiévaux, surtout en ruines, sont une passion pour moi. Mon "premier" fut Commarque en Dordogne, en 1988 ! A un certain moment, je les explorais, surtout à la nuit tombante, et parfois sur des sites "interdits", parfois dans les oubliettes aussi... Je me suis assagi !

Kri 21/08/2015 17:49

Bonne fin de semaine JP

Laret 22/08/2015 08:00

Merci pour toi aussi...Ce samedi sera une journée bien lumineuse ! Bises, à bientôt..